FA T.2. Télédétection pour la connaissance de l’occupation du sol, des milieux et des habitats

Enjeux

Les différentes thématiques de recherches du PPR nécessiteront une information cartographique fiable à l’échelle de la zone d’action sur un certain nombre de variables physiques, biologiques et humaines. Certaines de ces informations peuvent être évaluées par télédétection, voire sur le terrain (e.g., positionnement et état des infrastructure) lors des missions des différents intervenants.

Objectifs:

Il ne s’agit pas ici de s’attaquer de manière systématique à la quantification de ces variables pour toute l’Afrique Centrale. En fonction des actions de recherche effectivement mises en place et des zones identifiées comme prioritaires, les données nécessaires seront obtenues et les analyses appropriées effectuées. Une base de données sera également maintenue pour rendre ces couches géographiques accessibles aux équipes du PPR. Cette action se veut donc avant tout comme un appui scientifique aux équipes, dans la limite du personnel disponible et des intérêts scientifiques réciproques pouvant être identifiés.

Méthodes:

La cartographie par télédétection des classes d’occupation du sol et des types forestiers en Afrique Centrale constitue un défi méthodologique, principalement en raison d’une part, d’une nébulosité quasi permanente et, d’autre part, d’une saturation des signaux optiques et radar dans les végétations à haute biomasse. Dans un premier temps, et en attendant de pouvoir disposer des images acquises par l’antenne de Libreville, cette activité pourra s’appuyer sur les images optiques haute résolution disponibles (Landsat, Aster, DMC), ainsi que sur la mise à disposition de données SPOT (programmes REDD ou ISIS). Dans le cadre du projet SEAS-Gabon, une infrastructure de réception et de traitement des données spatiales devrait permettre un accès plus aisé à ces données pour les partenaires locaux. Des projets régionaux devraient également appuyer la mise à disposition de ces données dans l’ensemble des pays forestiers d’Afrique centrale. La cartographie des massifs forestiers et de leur évolution bénéficiera également des partenariats avec les projets pilote REDD mis en oeuvre au Cameroun, Congo et Gabon.

D’autre part, nous pensons pouvoir circonvenir en partie aux difficultés de disponibilité d’images (nébulosité) grâce à la très haute résolution temporelle des données fournies par les capteurs MODIS. Celles-ci permettent d’obtenir deux types d’informations spatialisées utiles pour la segmentation des types forestiers : (i) une réflectance moyenne calibrée dans différentes bande spectrales du domaine optique et (ii) les amplitudes et phases du cycle annuel de variation de l’indice de végétation (EVI) de chaque pixel. En effet, en dépit des problèmes de saturation mentionnés plus haut, il est possible de quantifier la variation saisonnière de la réflectance en lien avec la phénologie foliaire des arbres de canopée. Ce paramètre pourrait s’avérer capital pour différencier certain types forestiers (sempervirents, semi-décidus, inondables, etc.) dans la zone d’étude.

La validation des données et des segmentations obtenues se fera sur base d’une couverture SPOT 5 de la zone (résolution spatiale : 5-10 m) obtenue dans le cadre de la mise à disposition des données (accord AFD-Astrium) ou à travers le programme ISIS, ainsi qu’au travers de relevés phénologiques, structuraux et floristiques obtenus conjointement avec d’autres actions du PPR.

Différentes variables du milieu physique estimées par télédétection seront également employées, comme la pluviométrie (TRMM), la température (LST) et l’altitude (SRTM). A partir de l’organisation spatiale du modèle numérique de terrain (altitude), nous pourrons également retracer le réseau hydrographique, et tenter de caractériser des grands ensembles géomorphologiques.

Les couches d’informations liées à l’infrastructure proviendront dans un premier temps de bases de données géographiques existantes, telles que celles mise en place par les projets conjoints Administration forestière – WRI (Atlas forestier interactif) et l’Observatoire des forêts d’Afrique centrale (OFAC). Elles seront par la suite mises à jour au fil des missions de terrain.

Résultats attendus:

Un système d’information géographique comprenant les couches suivantes :

  • Occupation du sol et les types de végétation (haute et moyenne résolution);
  • Climat (pluviométrie, température) ;
  • Géomorphologie et de l’hydrographie ;

Diverses couches géographiques comme le réseau routier et sa praticabilité, la localisation d’infrastructures importantes, etc.

Institutions Partenaires:
Références: