FA 3.7 - Systématique, biogéographie et écologie des reptiles des forêts d’Afrique centrale

Coordinateurs:

Justificatif /Enjeux:

Les reptiles constituent un composant majeur de la faune africaine. Le nombre de travaux qui leur a été consacré en Afrique centrale est néanmoins très faible, ainsi qu’en témoignent plusieurs synthèses récentes sur les reptiles du Cameroun (Chirio & Lebreton, 2007), de la République Centrafricaine (Chirio & Ineich, 2006) et du Gabon (Pauwels & Vande weeghe, 2008), ainsi qu’une synthèse plus ancienne sur les serpents du Congo (Trape & Roux-Estève, 1995). Du fait notamment de la faiblesse de l’échantillonnage dans la majorité des forêts d’Afrique centrale, la composition des peuplements selon les milieux naturels ou anthropisés n’est l’objet que de connaissances très parcellaires, la  biogéographie de nombreuses espèces reste très mal connue et les données d’écologie sont particulièrement restreintes. Sur le plan de la biodiversité, de nombreuses espèces restent à décrire. Tant en Afrique centrale qu’en Afrique occidentale, près de 10% des espèces actuellement connues n’ont été décrites ou sorties de la synonymie que depuis moins de 15 ans seulement (Trape & Mané, 2006; Chirio & Lebreton, 2007; Chippaux, 2006 ; Trape et al., sous presse). De plus, des travaux récents de biologie moléculaire montrent que de nombreux taxons constituent en fait des complexes d’espèces jumelles (Trape et al., sous presse).

Objectifs:

L’objectif principal est de mieux connaître la diversité spécifique et la structure des peuplements de reptiles dans les forêts tropicales humide non ou peu anthropisées d’Afrique centrale. Les objectifs secondaires sont (1) de recueillir des données sur la biogéographie et l’écologie de ces espèces, (2) de réaliser une iconographie de spécimens vivants d’espèces nouvelles ou peu connues de reptiles des forêts d’Afrique centrale.

Etat de l'art

Plus de 300 espèces de reptiles sont actuellement connues du Cameroun, du Gabon, de la République Centrafricaine, de la République populaire du Congo et de la Guinée équatoriale. L’analyse des cartes de répartition de Chirio & Lebreton (2007), Chirio & Ineich (2006), Chippaux (2006) et Pauwels & Vande weeghe (2008) montre que plus des deux tiers d’entre-elles sont connues de zones de forêt humide, le plus souvent avec une distribution apparemment restreinte ou éclatée, sans qu’il soit établi si leur distribution connue traduit avant tout des spécificités écologiques particulières, un sous échantillonnage ou de faibles densités de peuplement. Dans la bibliographie, moins d’une demidouzaine de publications comportent, pour une station donnée ou un groupe de stations ou de localités proches, un échantillonnage atteignant un minimum de 200 spécimens de serpents ou de lézards.

Démarches/méthodes/sites/instruments:

Trois parcelles d’environ 5000 m², distantes d’environ 1 km chacune, matérialisées dans un peuplement à G. dewevrei dans la localité de Ngoïla au Sud du Cameroun ; Echantillonnage de sporophores, d’ECM et de sols ; description et identification des sporophores et des ECM ; séquençage  de régions polymorphes (ITS, 28S LSU) de l’ADNr fongique; analyse des activités enzymatiques d’ECM avec un lecteur fluoreskan ; analyse isotopique (13C et 15N) des transferts de nutriments par spectrométrie de masse.

Résultats attendus:

La zone d’étude est délimitée par l’équateur au sud, le 4ème parallèle au nord, l’Océan Atlantique à l’ouest et le 18ème méridien à l’est. Elle couvre 32 degrés-carrés et intéresse 5 pays : le sud du Cameroun, le sud-est de la République Centrafricaine, la Guinée équatoriale, le nord du Gabon et le nord de la République populaire du Congo. Huit sites d’études seront sélectionnés, un par ensemble de quatre degrés-carrés, au nord et sud de 2°N ainsi qu’à l’ouest et/ou à l’est de 12°E, 14°E et 16°E. Dans chaque site, une zone de forêt protégée sera prospectée activement pendant au moins deux semaines et des collectes seront mises en place autour des villages et campements les plus proches pendant au moins 12 mois. L’objectif sera de recueillir dans chaque site au moins 300 serpents et 300 lézards, ainsi qu’au moins un spécimen de chaque espèce de tortue et de crocodile actuellement connue d’Afrique centrale. Des spécimens de chaque taxon seront étudiés selon les méthodes taxinomiques classiques ainsi qu’en biologie moléculaire. Les contenus stomacaux seront déterminés au niveau taxinomique le plus proche possible de l’espèce.

Références:

Chippaux JP (2006). Les serpents d’Afrique occidentale et centrale. IRD, 311p.

Chirio L, Ineich I. Biogeography of the reptiles of the Central African Republic (2006). African Journal of Herpetology, 55: 23-60.

Chirio L, Lebreton M (2007). Atlas des reptiles du Cameroun. MNHN & IRD, 686p.

Pauwels O, Vande weeghe JP (2008). Les reptiles du Gabon. Smithsonian Institution, 272p.

Trape JF, Rous-Estève R (1995). Les serpents du Congo. Liste commentée et clé de détermination. Journal of African  Zoology, 109: 31-50.

Trape JF, Mané Y (2006). Guide des serpents d’Afrique occidentale. IRD, 226p.

Trape JF, Trape S, Chirio L. Lézards, tortues et crocodiles d’Afrique occidentale. IRD, sous presse.