Ecole de terrain en écologie tropicale (ECOTROP)

Quoi de plus formateur que 15 jours passés en immersion au coeur de la forêt équatoriale au contact permanent d’une équipe de chercheurs expérimentés ? Avec ECOTROP, les stagiaires bénéficient d’une formation sur mesure : renforcer leurs connaissances techniques et se confronter aux réalités du terrain en milieu équatorial ...

Situé à près de 300 km de Libreville, le parc national de la Lopé-Okanda est le plus développé de tous les parcs du Gabon. Le site abrite une station de recherche internationale (SEGC) et un centre de formation (CEDAMM).

Ses forêts comptent parmi les mieux étudiée en Afrique, avec des suivis à long terme, d’une importance critique pour le suivi de l’impact du changement climatique, et pour la compréhension de l’histoire des changements écologiques à travers les âges et du rôle joué par les Sociétés dans l’évolution des paysages.

Inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 2007, l'écosystème et le paysage culturel relique de Lopé-Okanda est d’une valeur universelle exceptionnelle par ses niveau de biodiversité, la présence d’espèces endémique et l’exceptionnelle diversité des habitats.

Le site présente également des témoins d’occupations humaines depuis au moins 400 000 ans. Ces vestiges font de la Lopé un site unique pour étudier le rôle des hommes dans l’évolution du paysage équatorial et démontre l’ancienneté des interactions entre les Sociétés et l’Environnement sur le continent africain.

Formation à la Recherche

Ce dispositif original de formation réunit des étudiants de niveau master et doctorat et des chercheurs et enseignants-chercheurs issus d’universités ou organismes de recherche français et africains. Les objectifs sont à la fois pédagogiques et scientifiques.

Il s'agit tout d'abord de former les stagiaires aux techniques d’observation, de mesure et d’échantillonnage propres à l ’écologie, la paléoécologie, la conservation de la biodiversité et, plus largement, aux Sciences de l’Environnement dans le contexte du terrain en zone équatoriale.

Il s'agit ensuite d'initier et de développer des activités scientifiques sur le site de la Lopé et, plus largement, de fédérer une équipe multidisciplinaire spécialisées sur les questions des interactions entre Environnements et Sociétés en Afrique équatoriale.

Les étudiants européens n’ont aucune connaissance des réalités du terrain en milieu équatorial, alors que leurs homologues africains manquent parfois des savoir-faire techniques. C’est pourquoi les stagiaires suivent quelques cours théoriques relevant des différentes spécialités, mais surtout des enseignements pratiques sur le terrain et en laboratoire

Un programme pluridisciplinaire

Analyse des paysages : les étudiants sont initiés aux analyses cartographiques en zone tropicale humide, par des relevés in situ et par approches assistées par ordinateur. Cet enseignement est centré sur la description des paysages, les techniques de géolocalisation, les indices d’évolution paysagère et les relations paysages/biodiversité. Des interventions en salle replacent ces savoir-faire dans le cadre de projets de recherche portant sur la spatialisation des services écosystémiques.

Echantillonnage de l’entomofaune : la diversité des techniques utilisées (pièges lumineux, tentes malaises, pièges d’interception, pièges attractifs, chasses à vue) permet de collecter des échantillons servant de support à une initiation à la taxonomie. Des interventions en salle replacent ces activités pratiques dans le cadre de projets de recherche portant sur la biogéographie des insectes africains, l’écologie et la biologie évolutive des insectes, et les campagnes internationales de barcoding ADN.

Entomologie médicale : les stagiaires suivent une initiation à l’entomologie médicale dédiée aux outils d’échantillonnage et de reconnaissance de diptères hématophages (moustiques, ceratopogonidés, phlébotomes), suivie d’une mise en pratique sur le terrain du tri et du conditionnement des insectes. En salle, une attention particulière est portée à la complexité des systèmes vectoriels, notamment ceux liés à la transmission des virus.

Faune du sol : une des principales composantes de la biodiversité, pourtant largement méconnue, est celle des invertébrés du sol. Les étudiants sont initiés aux techniques d’échantillonnage qualitatives et quantitatives des différents groupes taxonomiques lors de travaux pratiques sur le terrain. En outre, ils suivent un cours sur l’application du barcoding ADN pour l’estimation en richesse spécifique de la biodiversité des sols.

Paléoécologie : Cet atelier animé fournit aux stagiaire une approche méthodologique et pratique des études paléoenvironnementales. Pour cela plusieurs marais, véritables archives naturelles des changements environnementaux passés, sont échantillonnés à l’aide d’un carottier manuel. Les carottes ont ensuite été décrits et analysés en laboratoire. En salle, les stagiaires découvrent les grandes étapes des interactions Environnement/Sociétés dans la sous région depuis 5 000 ans.

Intercations Hommes/Milieux : les milieux diversement anthropisés, dans lesquels l’école s’est déroulée s’insèrent dans un contexte politique particulier, contexte avec lequel les populations locales entretiennent des rapports parfois conflictuels. Aussi est-il apparu nécessaire d’initier les étudiants à ces problématiques par le biais d’un enseignement théorique, de la réalisation d’entretiens semi directifs et de groupes de discussion.